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Exposition. Galerie du château d'eau
Du mercredi 23 janvier 2008 au dimanche 09 mars 2008
Oh mon capiteux ami ! Toi qui ériges l'Empire sur l'instant dérobé, et bruis l'éloge d'un Deux par l'abandon d'un Moi...
Transcendance et intégrité.
C'est en ta compagnie, Lebror, que j'aurais dû parcourir les sinuosités de ce château d'eau.
« Qu'on l'absout d'être dégrisé ! Lui qui vit la lumière, lui l'errant solitaire qui projetait en ces Galatée ses desseins de nympholepte » clamait les yeux miséricordieux d'une
guichetière. Le sexagénaire cacochyme, probablement trop concupiscent, n'y prêtera guère attention et dévalera les escaliers avec la rapidité de son âge…
Dénuder : Enlever ce qui habille, mettre à nu.
Deux significations s'entremêlant forment le noyau de chaque photographie ; mais ces œuvresbrutes qui ne captent jamais un corps
dans son ensemble, se gardent bien d'un quelconque féminisme béat que la volupté évasive des formes rend aisément réalisable.
Carla van de Puttelaar cherche ici « la création d'un univers », l'évocation via l'écho personnel que suscite ses œuvres. Mais « maudit soit à jamais le rêveur inutile » car il serait
erreur de croire que concession fut faite, les œuvres étant emplies d'idée, de notion, et de conception ; « [d']accords mystiques » embrassant les photographies et l'art en général.
Point de joug de l'idée unique que le visiteur doit déceler, on navigue ici sans faux-fuyant.
Ce doux univers se révélant à moi n'en illustre pour autant pas son aseptisation. Quelle erreur ! « Ô surprise fatale ! » Quel désastre aurait été celui de voir de fades portraits de beautés
parfaite, illustrant moins la déification que l'oxymore. [...]
Parce que Carla van de Puttelaar guète l'infime pour le personnifier, elle est la photographe de ces instants dérobés. Parce que s'intéresser à l'anodin,
égratignures, chair de poule, coupure, veine saillante, éphélides, ce n'est finalement que redonner au corps toute sa complexité et tout son vécu, c'est donc rendre l'âme à la
chaire… Les vêtements disparus, de ces femmes déshabillées ressort une langueur salvatrice. Cette mise à nue n'est dès lors plus, simplement matérielle ; c'est l'intimité d'un
être et de son corps qui nous est offert. Projeté témoin de la relation que ces
femmes entretiennent avec la vie. Le voile d'un bleu hollandais et les noirs alentour préservent ces corps ; peut-être sont-ils jugé trop fragiles. Les maternent-ils ? Qu'importe !Ces
enveloppes et protections exaltent ces scènes, spirituellement et corporellement indifférenciés, d'une grande profondeur. Miroir est cet art où l'homme s'apprend disait Alain. Miroir
est ce voile.
Arthur E. Ginn le 10.03.08
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