Photo par Flyinke (flickr)

 

 

Alpha : « On ne fait pas les révolutions avec de l'eau de rose » Chamfort. Je suis conscient que notre mouvement dérange ; non qu'il ne soit pas légitime car peu de monde semble refuser nos contestations, mais du fait des conséquences néfastes qu'on peut lui concéder. Le blocage de l'université par exemple qui semble être le point épicentral de nos différents doit être considéré comme une phase, la première, dans l'établissement d'une sédition. 
 
Bêta : « L'esprit de révolution, l'esprit d'insurrection est un esprit radicalement contraire à la liberté. » Guizot. Comment pouvez-vous justifier vos actes lorsque, prétendant agir pour l'intérêt de l'éducation, vous empêchez la tenue de l'enseignement ? Votre despotisme oublie que notre force, notre sève, on la tire des études : l'intellect est notre contre-pouvoir ! « La violence, sous quelque forme qu'elle se manifeste, est un échec. » Sartre
 
Alpha : Tu dévies notre conversation. Notre mouvement n'a rien de révolutionnaire, du moins pas dans le sens pernicieux que tu souhaites lui donner. La contestation que nous menons est d'un pacifisme absolu. « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. » Kennedy. Et l'exemple des forces de l'ordre que sont désormais certains professeurs me semble parfait !
Et quant à ta remarque sur la fermeture estudiantine des bâtiments, elle est le fruit d'une concertation massive auquel tous les universitaires étaient conviés. Pour reprendre ta mauvaise utilisation de Jean-Paul n'oubli pas que « L'homme est condamné à être libre » Sartre. L'absence de mobilisation dans les assemblées étudiantes, est le signe d'une indifférence… ou d'un nombrilisme. C'est en tout les cas, une prise de position.
 
Bêta : « La plus cruelle manifestation de désapprobation du public, c'est son absence. » Achard. Et vous me concéderez qu'il ne vient pas, ce public. D'ailleurs personne ne vient. Votre obstination n'a d'égal que votre vilenie ; vous semblez vous enorgueillir de votre relative puissance qui vous permet de bloquer une université. Prenez, je vous en conjure, un peu de distance, vous êtes esseulés, votre révolution n'intéresse personne. Oubliez pour un temps votre seule référence : « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de luttes de classes. » Marx.
 
Alpha : « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets » Sauvy.  Ce mouvement d'étudiants citoyens se heurte à une omerta médiatique qui ne semble n'inquiéter personne et dès lors dire que nous sommes esseulés relève de la manipulation ou de l'ignorance.
 
Bêta : Illusion salutaire qui bâillonne toute remise en cause. Pourquoi ne pensez-vous jamais que votre mouvement n'intéresse véritablement personne ? Pourquoi vous obstinez vous dans une victimisation qui légitime tout vos débordements ? D'ailleurs, remarquez que votre revendication n'en est en réalité pas une, puisqu'elle n'est qu'une opposition. Opposition vide, puisque purement contestataire, vous ne résolvez aucun problème. « On pense aujourd'hui à la révolution, non comme à une solution des problèmes posés par l'actualité, mais comme à un miracle dispensant de résoudre les problèmes. » Weil
 
Alpha : « Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent. » Bonaparte. Ta réflexion montre bien ton égocentrisme, et ta mauvaise foi ; tu es d'accord sur les causes de notre mouvement, mais les modalités de conflit t'exaspèrent de telle façon que l'origine même de la contestation t'apparaît sans fondement. Paradoxe. Ta véhémence t'obstine à un retournement de situation et tu défends finalement un droit à l'éducation menacé par notre mouvement.
 
Bêta : Rhétorique que tout cela. Le constat n'en est pour autant moins probant : « La populace ne peut faire que des émeutes. Pour faire une révolution il faut le peuple. » Hugo. Lorsque vous prendrez conscience de cela alors vous sentirez le poids de l'aveuglement, et celui plus lourd encore de l'obstination erronée. Vous ruinez votre année universitaire, votre jeunesse et celles des autres ; peut-être même davantage. Enfin… « La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer. » Rousseau
 
Alpha : En attendant, le poids de l'action pèse sur moi avec la légèreté de l'existence ressentie.« Alors s'assit sur un monde en ruine une jeunesse soucieuse. » de Musset 
  
  

 




Arthur E. Ginn le 17.12.07

par Arthur E. Ginn
Lundi 17 décembre 2007
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