Photo par Girlhula (flickr)



Râle imperceptible de la condition pourrie de l'homme. Là, encore, posture ridicule, contraint de subir...Être homme, avoir volé le feu à Prométhée pour qu'il s'élève, se construise, porte en son engeance la supériorité évidente sur ce qui l'entoure, et sa place méritée au piédestal. Puis retomber. Car nous naissons au ras du sol. Cloués. Crucifiés. Salis dès la première heure par des mains viles d'une mauvaise sage femme elle-même prête à recevoir la camisole, et peut-être même celle qui nous la posera quelques dizaines d'années plus tard. Pas du réalisme, de la débauche, rien que de la fureur et des passions qui tiraillent l'âme de haut en bas. Voilà ce qu'est le monde.
 
Et l'on croyait pouvoir marcher ici... Aux tréfonds de la vacuité, perdus dans les vapeurs sinueuses du doute perpétuel. Illusion, plongeon dans la torpeur. On ne se relève que d'angoisse, de lâcheté, pas d'amour. On ne se relève jamais d'amour. On meurt d'amour. Elle, si frêle, l'autre déclarée gagnante avant l'heure, et toutes nos âmes perdues qui courent vers l'Enfer. Le gouffre profond, voilà vers où nous courons. Nul être en ce bas monde ne saurait garder la tête haute perpétuellement, tant il est affaibli d'amour, de basses intentions, de joliesses d'amour : apporter une fleur, être le déclin du sourire. Elle ne sourira pas d'amour, de pitié tout au plus, de la satisfaction d'être encore déclarée inapte à continuer le grand combat.
 
Vous êtes tous accusés d'avoir perpétué le mythe de l'Armaguedon mérité, d'avoir justifié notre extinction. Un peuple ne perdure que dans sa grandeur, et nous voici tous rongés par le désir d'y parvenir si tôt que l'on en oublie l'acte même d'accès. Au milieu des feuilles mortes de l'avenue, quelques milliers de faces déjà mortes rôdent, faussement réjouies par des guirlandes mal disposées, un semblant de joie. On jouit bien plus d'une vie rêvée que d'une vie acquise, si longtemps qu'elle eut pu être désirée, et aussi ardemment qu'elle eut pu être désirée. C'est en ces jours tristes et surfaits que l'on perçoit alors enfin dans son expression la plus poussée la futilité suprême de ce que l'on croyait être divin. Etiez-vous si stupides pour croire en la bonne intention de Dieu ? Foutaises. Vous, Lui. Tout n'est que foutaise, création de votre débilité profonde. Dieu, s'il existe vient faire renaître le mythe de la fatalité, l'oiseau de proie n'en sera jamais imputé, l'agneau crève d'impotence, les faibles meurent faibles, sinon affaiblis d'avoir voulu combattre.  



Dizzie (Prométhée) Gillepsie le 17.12.07


par Dizzie Gillepsie
Lundi 17 décembre 2007
commentaires (1)    ajouter un commentaire

Texte Libre



 
  Podcast  Télécharger || Ecouter en ligne


 
 Archives

Consulter les anciennes parutions :

    
   
   

Air / BB Brunes / John Cage / Dodoz (The) / Dan Flavin / Gabriel Gebka / William Hundley / Interpol  Harmony Korine / Claude Lelouch / Shane Madows  Cy Twombly / Andy Warhol


 
L'abécédaire

A    B    C    D    E    F    G    H    I    J    K    L   M    
N    O    P    Q    R          U    V    W    X   Y   Z



Lost in a naked city

 


 
 Les tags

Photographie / Voyage / Cinéma / Enfance / Noël  Hedi slimane / Mouvement universitaire / Art  
Interview / Pop / Au Revoir Simone / Second life  Rock / Musique / Art minimal / Joy division / Alpha  Pamela des Barres / Education / Je et Moi


 
 La newsletter


 


Contact - C.G.U. - Signaler un abus