Perfect Stranger par Hedi Slimane

 

 

Ce n'est pas sur les podiums que l'on retrouve Hedi Slimane mais pour l'exposition Perfect Stranger à la galerie d'Almine Rech. Vidéos, photos, enregistrements audio et installations composent cette exposition monographique dont on devine facilement le sujet, l'iconographie rock. Mené cet été au festival de Benicassim (Espagne) le travail d'Hedi Slimane a su capter l'ambiance estivale, saisir la ferveur adolescente et la communion ardente autour de la musique.
 
Rez-de-chaussée. L'espace semble vide mais les dimensions des cinq pièces qui partagent celui-ci inverse la tendance. Perfect Stranger (hommage à l'album éponyme de Frank Zappa) en lettre de néon blanc, une installation sonore passant les Klaxons, un tapis métallisé fait de poudre glitter aboutissant à quatre photos noir et blanc géantes ainsi qu'un tableau représentant un fragment de la scène d'Amy Winehouse, « Stage 01 », ultime concession au fétichisme d'Hedi Slimane. Comme il l'avait fait précédemment avec Pete Doherty, le considérant comme un « objet de culte », une nouvelle icône au-delà de ces histoires graveleuses. Il s'agit de décrire un espace sacré, le processus d'adoration, de définir les périmètres respectifs, les dangers, les abîmes. L'exposition continue à l'étage, il faut passer un petit couloir complètement pour arriver dans une pièce totalement noire, où se trouve l'installation labyrinthe « Smoke Machine » un film montrant des volutes de fumée et des photographies grands formats.
 
Les photos d'Hedi Slimane sont captées dans l'urgence et l'hystérie collective mais révèlent tout de même une certaine douceur, elles sont silencieuses, minimalistes puisqu'elles se suffisent à elle-même, ne montrant qu'une émotion, un moment de béatitude intime et solitaire. Glissant « nonchalamment » comme un film de Gus Van Sant. Il privilégie le portrait, il n'y a pas d'abondance de sujet juste des beautés masculines « rock'n'roll » traduisant l'innocence de la jeunesse. Mais s'attarde aussi sur les chevelures qui mangent le visage, les nuques voluptueuse, les silhouettes faméliques, la transpiration qui perle les joues après l'extase ou encore l'allure fragile et romantique, héritée du XIXe siècle allemand.
 
 




Dizzie (stranger) Gillepsie le 17.12.07


par Dizzie Gillepsie
Lundi 17 décembre 2007
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