Urs Lüthi est un peintre allemand, proche du mouvement de l'Art corporel, il a développé depuis 1968 toute une œuvre photographique autour de lui-même. Plus que des autoportraits, il s'agit de mise en scène où il se déguise ou se travestit, jouant de l'ambivalence sexuelle. « Je me traite comme je le ferais avec une personne inconnue », paradoxe de l'auto représentation où, comme l'écrit l'artiste Rainer Michael Mason : « Moi est un autre ». 

Tout oppose les deux parties de l'image d'Orgasm sur le plan technique les points de vue et les cadrages sont différents, à gauche, le visage de l'artiste, à droite, un verre qui se remplit de lait. Il y a une juxtaposition du portrait et de la nature morte. Au niveau thématique, un personnage est confronté à un objet.
 
Urs Lüthi a souvent dans sa carrière exploitée les mêmes thématiques, afin de s'offrir toutes les possibilités de les cerner au mieux. Un verre de lait renversé apparaît déjà, dans la série intulée The Numbergirl (1973) qui est composée de vingt images de l'artiste en buste tenant une photographie à la main. La série Treat me like a Stranger (1974) est également constituée de huit diptyques (Tablette de cire pour écrire avec un stylet ndlr.) en couleur opposant chaque fois une composition de fleurs, de fruits, de plantes, de plumes ou un tableau à l'artiste en buste. Dans ce cas, le décor en papier peint, présent dans les deux scènes, les unifie.
 
Dans la vidéo Orgasm, les deux parties de l'écran semblent liées par une interaction, un même titre et une bande-sonore unique : le bruit du lait qui coule. En effet, tandis que le verre se remplit de lait et finit par déborder, le visage d'Urs Lüthi est animé de spasmes (il cligne des yeux et grimace). Ces mimiques sont dues au fait qu'il est aspergé d'eau. Après s'être répandu autour du verre, le lait cesse de couler et le visage de l'artiste retrouve doucement sa sérénité. Son regard fixe alors le spectateur l'air absent.
 
C'est principalement de l'autodérision qui se dégage du travail d'Urs Lüthi. Il remet ici en cause, comme il l'a fait avec la photographie, l'un des principes fondamentaux du média vidéo : l'authenticité de l'image dans sa temporalité. Est-ce que ce que nous voyons juxtaposé à l'écran se déroule dans un même temps et possède un lien sémantique ? Mais apporte aussi, grâce à un montage subtil des scènes, un regard personnel et critique sur ce nouveau média.


Dizzie (Ego) Gillepsie le  10/12/07

par Down in naked city
Lundi 10 décembre 2007
commentaires (0)    ajouter un commentaire

Texte Libre



 
  Podcast  Télécharger || Ecouter en ligne


 
 Archives

Consulter les anciennes parutions :

    
   
   

Air / BB Brunes / John Cage / Dodoz (The) / Dan Flavin / Gabriel Gebka / William Hundley / Interpol  Harmony Korine / Claude Lelouch / Shane Madows  Cy Twombly / Andy Warhol


 
L'abécédaire

A    B    C    D    E    F    G    H    I    J    K    L   M    
N    O    P    Q    R          U    V    W    X   Y   Z



Lost in a naked city

 


 
 Les tags

Photographie / Voyage / Cinéma / Enfance / Noël  Hedi slimane / Mouvement universitaire / Art  
Interview / Pop / Au Revoir Simone / Second life  Rock / Musique / Art minimal / Joy division / Alpha  Pamela des Barres / Education / Je et Moi


 
 La newsletter


 


Contact - C.G.U. - Signaler un abus