
Untitled (to the « innovator » of Wheeling Peachblow), 1966-1968.

Untitled (in honor of Harold Joachim), 1977.

The diagonal of May 25 (to Constantin Brancusi), 1963.
Dan Flavin est une figure majeure de l'art minimal, mouvement artistique s'opposant à la génération de Jackson Pollock
(expressionnisme abstrait) et revendiquant une certaine pureté élitiste. On peut définir l'art minimal comme un non-art puisque généralement la main de l'artiste est remplacée par celle de ses
assistants, l'idée de l'œuvre prédomine sur la création et l'expérience du visiteur est fondamentale. Cette forme artistique peut être incomprise du grand public car elle substitue la création à
l'idée de l'œuvre.
Le caractère principal des oeuvres de Dan Flavin c'est que la forme est le contenu. Parlons justement de cette forme, dans son travail le choix des matériaux et volumes simples se justifie par la
volonté d'être appréhendé sans artifices, directement pour ce qu'ils sont. La présentation se limite à l'essentiel. L'austérité de ces œuvres ne doit cependant pas être considérée comme du vide,
«
Less is more » disait l'architecte Mies van der Rohe, l'œuvre vise à s'offrir irréductible dans la mesure ou le réel n'appelle plus à la rêverie mais suscite une réaction fomenter sur
l'empirisme artistique du public.
Intouchable, c'est aussi une caractéristique que l'on pourrait associer au travail de Dan Flavin. Je me souviens d'ailleurs avoir griffonné sur une feuille de papier après avoir vu dans une
exposition une association de plusieurs œuvres minimaliste (Dan Flavin et trois autres artistes) «
Je tourne autour des oeuvres, regarde à travers, recule, avance. Le jeu sur la transparence
est excitant, l'œuvre n'a pas de limite, elle est au delà de moi, chaque angle de mon regard peint un tableau différent, dont je ne pourrai jamais parfaitement dessiner les contour, quantifier
les limites, toucher. » Les oeuvres minimales n'inspirent pas un contact physique, elle ne nous invite pas à toucher leur surface ou leur structure afin d'en ressentir les matériaux ou de
jouer avec les oeuvres comme dans une installation. C'est d'autant plus impalpable chez Dan Flavin puisque ces oeuvres sont composés de lumière et que par définition celle-ci envahi tout l'espace
à moins d'y être réduite volontairement. L'aménagement des tubes de néon, leur structure, leur volume sont déterminés par l'extension lumineuse qui en résulte, la dimension de l'œuvre est réglée
par l'architecture qui la délimite. En envahissant l'espace, la lumière colorée de Dan Flavin le transforme et crée un bain lumineux qui abolit les frontières entre l'environnant et l'environné :
l'œuvre devient ainsi une «
situation », un lieu d'expériences perceptives liées aux déplacements du spectateur. Devant la neutralité des formes, le regard du spectateur n'a pas d'autre
choix visuel que de se diriger de l'objet vers son environnement, l'œuvre d'art minimal tend alors à rapprocher, jusqu'à les confondre, le point de vue du spectateur et le terrain de son action.
Il est possible que cette façon de dématérialisé l'œuvre a pour but de supprimer le mode affectif, ou émotionnel attaché aux objets qu'on apprécie, afin que le réel suscite exclusivement
l'expérience artistique du spectateur.
Dizzie (Neon) Gillepsie le 19/11/07