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The Dodoz par madflo (flickr)

Stuck in the sound par Rod (flickr)
Impossible de savoir ce soir pour quel groupe le public s'est déplacé. La salle du Bikini ne doit guère s'en soucier et profite de façon sémillante d'une salle relativement bien remplie.
Soulagement pour les patrons qui courent après un public depuis l'ouverture de la salle...
The Dodoz groupe effigie de Toulouse (avec Bogart and the Addictives) débute la soirée. Groupe jeune pour jeune public, The Dodoz sont sur Toulouse un groupe respecté et connu, faisant salle
comble à chacune de leur prestation. Le prix d'entrée (17 euros) et la date du concert (un jour en semaine) n'ont néanmoins pas permis au groupe d'évoluer devant un public acquis, en témoigne
applaudissements polis et impassibilité. Qu'importe, les quatre membres n'en sont pas à leur début et c'est avec un certain sens de professionnalisme qu'ils enchaînent avec un plaisir palpable un
répertoire qu'ils connaissent depuis longtemps à la perfection.
La musique est-elle pour autant attirante ?
Outre des qualités techniques et une maîtrise de l'instrument indubitable qui font d'eux un groupe aux potentiels certains,
The Dodoz ne semble pour le moment pas se dégager d'une scène revival qui semble mièvre au fil des sorties d'albums.
Même si la création d'un nombre phénoménal de groupes grâce entre autre aux The Strokes, The Libertines ou Bloc Party, ne peut-être que réjouissante, trop d'entres eux oublient la recherche d'une
identité musicale propre, aux méandres désarçonnant d'un canon stylistique que l'on sait d'avance efficace.
C'est cependant sans aucune amertume que l'on peut applaudir le concert de The Dodoz, fier de leurs chansons le groupe jouera sans honte un répertoire que nombre de jeunes groupes peut regarder
avec envie. Reste à ce groupe de dix-neuf ans à triturer les références qui sont les leurs (Television, Bloc Party, Gang of Four, Talkings Heads) et y chercher non l'influence, mais
l'inspiration.
Stuck In The Sound
Stuck In The Sound a depuis la sortie de son premier album su se créer cette identité ; par la conciliation, voir l'harmonisation des goûts divers de chacun des membres.
Conséquence ou non de cette orchestration de préférences artistiques, la musique se veut ici libre, et dégagée de toute obligation structurelle. La création d'un univers propre au groupe semble
ici plus important que la conservation d'un schéma (épuisé ?) couplet/refrain de trois minutes.
Risque. En suivant cet autre chemin, Stuck in The Sound demande à l'auditeur une certaine attention, une certaine curiosité sans laquelle la musique du groupe
déroute, puis ennui. Est-ce le cas ce soir ? Loin de la formule radiophonique de chanson prêt-à-aimer - certes efficace - le groupe privilégie des morceaux dont l'essence ne se
dévoile que dans un second temps. Parions donc que le public de Stuck In The Sound lui restera fidèle, guère attentif aux fluctuations médiatiques. Vrai public, ou public élitiste ?
Le concert se déroulera là aussi devant un public calme et peu réceptif. Le groupe jouant pourtant avec une communion et un engagement remarquable. Le concert deviendra d'ailleurs étrangement
intimiste lorsque devant un auditoire placide, les musiciens donneront l'impression de jouer plus particulièrement pour leurs amis The Dodoz ; qui le temps d'une chanson envahiront la scène.
Exemple probant qu'est celui du rappel, qui permit à Stuck In The Sound de revenir le temps d'une chanson, une poignée de fans, dont les proches du groupe et The Dodoz, étant pourtant les seuls à
le réclamer.
Certes le groupe est loin de la composition d'un morceau déconstruit d'un groupe de prog. Mais le choix ô combien honorable que celui fait ici de ne pas respecter à la lettre l'archétype d'un
morceau de rock'n'roll est, espérons le, un moyen de combiner innovation et efficacité.
Arthur E. Ginn le 25/11/07
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