Interview
Billet
Musique
Cinema
Art
Livre

Photo par La robe à l'Eau
Down in Naked City : Vous avez joué à l'Olympia devant 3000 personnes. Est-ce que cela fait une grosse différence ? Comment avez-vous vécu
cette expérience ?
Adrien : C'était tellement énorme, je n'ai pas vraiment réalisé, j'étais juste en flip pendant tout le concert, c'était presque nécessaire de ne pas me rendre compte que j'étais
devant 3000 personnes.
Karim : Personnellement je n'ai pas autant kiffé que le Gibus ou l'Élysée Monmartre.
Down in Naked City : Par rapport au public ?
Adrien : Au niveau des sensations c’est dix fois mieux. Genre à l’Olympia tu n’entends pas tes retours, ou ta gratte. Le public étant loin tu ne l’entends pas forcément, et
n’entends pas forcément son énergie.
Down in Naked City : Vous avez l’impression que c’était une consécration de jouer à l’Olympia ?
Adrien : Effectivement, c’était l’Olympia quand même.
Karim : Mais ça restait dans le cadre des Rock’n’roll Friday.
Adrien : Ouais c’est pas nous qui remplissions l’Olympia.
Down in Naked City : Rock’n’folk a vraiment aidé dans l’organisation de ce concert ?
Adrien : Ouais c’était eux qui ont organisé, c’était leur concert.
Down in Naked City : D'ailleurs vous étiez à l’Olympia avec trois groupes médiatisés par Rock'n'Folk, comment vivez-vous le fait d'avoir un niveau de notoriété semblable à ces
groupes sans les aides médiatiques dont ils bénéficient ?
Adrien : On ne va pas dire non à l’Olympia, je me souviens avoir donné à Philippe Manœuvre notre démo, avant que l'on soit connu, et il ne l’a pas écoutée.
Down in Naked City : Vous avez une idée sur le choix qui les ont poussés à ne pas vous soutenir autant que les Naasts ou Plasticines pour ne citer qu'eux
?
Adrien : Ils ont choisi leur chouchou.
Down in Naked City : Cela n’a pas créé des tensions entre les groupes de cette «nouvelle scène »?
Adrien : Oui, oui ça va. Ce n’est pas le grand amour mais ça va, c’est genre on se croise et on se souhaite bonne chance, on se dit bonjour. Tout dépend du groupe, les Shades ça
va à peu près, les Naast c’est « Bonjour - Au revoir », les Plasticines c’est la même chose.
Down in Naked City : La nouvelle collection H&M, par Roberto Cavalli, sort demain, on a vu que vous aviez jouer pendant le défilé ! Comment cela s’est-il passé
?
Adrien : Nous avons joué deux reprises, Should I stay or should I go des Clash, et Seven Nation Army des Whites Stripes, plus le Gang.
Down in Naked City : D'accord... Reprises que vous pensez jouer ce soir ?
Adrien : Haha, tout dépendra du public.
Down in Naked City : Qui au vu de la foule qui vont attend depuis maintenant des heures semble conquis... Vous avez fait le choix de chanter en français mais êtes-vous
d’accord avec cette étiquette de "rock français" que l’on vous colle ? Vous sentez vous proche de certains groupes de cette scène ? Vous ne pensez pas que cela puisse constituer un frein pour une
possible exportation?
Adrien : Non. On ne se sent proche que des groupes anglais, on a voulu faire une cassure avec le rock anglo-saxon, et trouver une identité par cette voix là... Mais peut être que
pour une possible exportation on pourra chanter en Anglais!
Down in Naked City : Et si Gainsbourg n'avait pas été là, vous ne chanteriez pas en français... Qu’avez-vous d’autres comme références françaises
?
Félix : Moi j’ai découvert Gainsbourg grâce à Adrien, avant je ne connaissais pas et j‘écoutais du Rap, Limp Bizkit, SUM41, puis j’ai pris ma grosse claque avec Nirvana, j’ai
évolué vers Distillers et Rancid, et finalement nous avons tous vite écouté la même chose...
Down in Naked City : Comment s’est passé la signature avec votre major ? Dans quelles conditions avez-vous enregistré "Blonde Comme Moi" ?
Adrien : Disons que nous n’avons pas eu le choix pour la signature du Major, dans le sens où Warner a été la seule à nous proposer, ils sont venus et puis cela s‘est fait... Puis
on a fait un genre de répète géante en live pour l’enregistrement... Mais cela ne s’est pas fait en une seule fois, on a d’abord fait une démo pour démarcher les maisons de disque, on a gardé des
chansons comme Dis Moi, 68, et puis les sept autres chansons en une semaine, on a tout enregistré au Gang !
Down in Naked City : D’ailleurs The brian jonestown massacre et Radiohead ont chacun développés leur propre manière de distribuer leur musique, tous pour apporter une solution
au problème du téléchargement illégal, avez-vous déjà pensé à une autre forme de distribution ?
Adrien : Pour le téléchargement de l’album, on a l’impression qu’on le télécharge beaucoup! On en a vendu 20000 et il faut bien faire une différence entre les gens qui viennent à
nos concerts et ceux qui achètent notre album , disons aussi que Radiohead est un groupe relativement friqué et que le risque me semble moindre dans ce cas là! Mais sinon on est content pour
Radiohead que cela ait marché et peut être que cela nous tentera un jour...
Down in Naked City : On a dans la tête "les gens sont tous de vrais trouillards sous leurs parapluies", est-ce qu’on peut donne une portée critique à cette phrase dans le sens
où on ose pas assez prendre des initiatives ?
Adrien : Oui cela me révolte, les gens ne bougent pas assez!
Down in Naked City : Justement Karim tu as choisi d’arrêter les cours assez tôt, et cela peut constituer un gros risque, qu’est-ce qui ne t’a pas plu dans ce que tu vivais et
qui t’a poussé à cet acte? Avec le recul, tu dirais que cela t’a été bénéfique ?
Karim : Bin pour moi quand j’ai rencontré Adrien, c’était vraiment le truc que je voulais faire de ma vie, je me suis pas posé de questions en fait, donc j’ai fini juste
genre le collège et en troisième j’ai fait ouais je vais faire ça.
Down in Naked City : Donc tu les connaissais déjà à l’époque ?
Karim : Ouais je connais Adrien depuis la maternelle. Mon petit frère et sa petit sœur sortaient ensemble. Donc du coup je n’ai aucun regret.
Down in Naked City : Tu peux nous expliquer d'avantage ce qui t'a poussé à ce choix ? L'enseignement ?
Karim : Je ne prenais pas de plaisir, disons que c'était chiant.
Down in Naked City : Aujourd'hui tu es donc dans une école de musique, n'est ce pas ?
Karim : Voilà, j'apprends la batterie, l'histoire de la musique, le solfège. Mais c'est du passé, je n'y suis resté que 4-5 mois puis j'ai stoppé.
Down in Naked City : On repense à la chanson « J’écoute les Cramps », certainement avec un côté admiratif vis à vis d’eux, et dans le sens où ils avaient tenté un
public différent et des plus inhabituels, avez-vous déjà pensé à approcher une partie marginalisée de la société avec votre musique ?
Adrien : Je ne savais pas.
Karim : Ils ont peut-être eu le temps de réfléchir à cela, nous non ! L'album vient de sortir .
Adrien : Mais ça peut être énorme.
Karim : Comme jouer dans une prison.
Down in Naked City : Du coup votre musique acquerrait une portée critique... C’est une dimension que vous souhaitez donner à votre musique ? J’ai cru comprendre que les
paroles sur votre prochain album iraient d’ailleurs dans ce sens...
Adrien : Oui, mais je pense que c’est bien d’aller jouer dans d’autres pays pour nous remettre les pieds sur terre. Nous avons peu joué à l’étranger, on a fait la Suisse.
Félix : Où l’on a joué devant 20 personnes, et la Belgique mais là il y avait pas mal de fans.
Down in Naked City : Donc pour une fois vous avez eu affaire à un public qui n’était pas déjà acquis à votre cause....
Adrien : Oui c’est bien, ça te force à te défoncer pour les conquérir.
Down in Naked City : Merci pour l'interview. Dernière chose avant de vous laisser partir, notre magasine Down In Naked City se propose de promouvoir les nouveaux talents
artistiques, et dans ce sens, nous avons proposé à nos lecteurs d’écrire un petit paragraphe que vous pourriez par exemple lire pendant votre concert... Donc voici-ci ces quatre lignes
:
Il ne peut s'agir d'une osmose collective
A l'orée d'une nuit de désirs et d'envies
Plutôt d'un endroit où tout âme qui vive
Se défait âprement de jeunesse et s'enfuit
Karim : Ha, ouais, moi je suis chaud
Félix : Poétique.
(Les BB Brunes ne lirons pas ce message durant le concert, dommage. ndlr. )
Podcast
Télécharger || Ecouter en ligne
Archives


Les tags
La newsletter