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Montevideo par Exibit (flickr)
Rock. Belgique. Ces deux termes résonnent en France avec un air d'antinomie : paradoxe, la France ayant une culture du rock'n'roll des plus minimales. Je n'ai entendu parler
de Montevideo que deux fois : la première fois concernait la création d'un Institut Pasteur dans la capitale de l'Uruguay, la seconde concernait ce groupe belge en première partie des The
Rapture à Lyon.
Le groupe passe à Toulouse - ce qui est un facteur suffisant pour s'y intéresser - et me donne ainsi l'occasion de les découvrir davantage. Pressé par le temps je n'écoute que deux
morceaux sur une page myspace : Groovy Station et Heat. Je me rends donc au concert avec cette opinion : Montevideo est un groupe belge, qui a posé pour le Vogue International,
le chanteur a un côté Robert Smiths dans la voix (et dans les mélodies : le refrain de Groovy Station fait étrangement penser à celui de Wrong Number de The Cure), et dont les influences semblent
tournées vers The Raputre (le son de basse notamment).
Justement, le groupe commence par Groovy Station, et l'introduction à la trompette reprise par deux fois permet au chanteur, Jean Waterlot, de prendre contact avec le public.
Deux remarques sont déjà à faire. La première concerne le public. D'une moyenne d'âge plutôt importante pour un concert de rock, soit aux environs de 30 ans et qui semble tout acquis à la tête
d'affiche de la soirée : Vive La Fête ; dont j'ai grand plaisir à ne plus reparler. La seconde remarque concerne le groupe, et notamment Jean qui semble préférer la langue anglaise plutôt que le
français. Besoin d'être considéré comme un groupe international et non comme des rockeurs belges, ou simple question de présentation scénique ?
Les morceaux s'enchaînent et la constatation est évidente : Montevideo est un groupe de live ; parce qu'ils gagnent en cohérence scénique ce qu'ils perdent dans une production trop léchée, le
groupe acquiert sur les planches une crédibilité. Morceaux plus longs, plus agressifs, plus «bruitistes» même. Le groupe s’autorise ainsi régulièrement des moments instrumentaux,
développant de manière inventive des chansons dépassant aisément le cadre radiophonique des 3 minutes.
Montevideo refuse à chaque concert l'étiquette new-rave que certains indices voudraient leur donner... La ressemblance avec Smiths est ici oubliée, et la guitare saturée permet aisément de
contrebalancer une basse un peu trop claire...
Malgré cet atout scénique, Montevideo reste un groupe jeune, et donc plus que quiconque, en construction permanente, en recherche. Les morceaux joués ce soir-là laissent une impression de
tiraillement : musique dansante ou non ? En live, le groupe oscille entre Sonic Youth et The Rapture. C'est uniquement lorsqu’ils auront désigné une ligne de conduite, une fois qu'ils auront
transcendé ces références, qu'ils se créeront une identité musicale unique.
En attendant le groupe joue parfaitement, et semble couver de futures prestations scéniques de grandes qualités. En témoigne, les qualités de «showman» de Jean qui en cinq
chansons, et en autant d'appel au public, à réussi à conquérir une salle aux abords réticents aux sauts et aux clappements de mains... La chose est notable, trop peu de groupes ont à cœur la
conquête d’un public circonspect ; victoire du groupe qui est dès lors davantage qu’une simple première partie et victoire de ses chansons sur l’indifférence...
Le groupe ne jouera que 7 ou 8 chansons, soit environ une heure de concert.
Groupe aux qualités certaines, mais dont la trop grande jeunesse se fait sentir, Montevideo vogue entre les frontières nébuleuses de groupe professionnel et groupe semi-professionnel. Mais groupe
à suivre, assurément.
Arthur E. Ginn
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