
Down in naked city : « It's a bit complicated » est votre troisième album, vous devez donc avoir un certain recul sur vos débuts. Est-ce que le fait
de signer sur un label a changé la façon de composer les chansons ou plus généralement cela a-t-il une influence sur le groupe ?
Eddie Argos : Pas en ce qui nous concerne en tout cas. On a toujours joué les chansons qu’on aimait, un jour des maisons de disques sont venues et nous on dit
« Ah ! C’est super », ce qui nous a fait très plaisir. Mais être dans un gros label est vraiment différent d’une signature dans un label indépendant, ce qui fût le cas
d’Art Brut pendant des années. Avant ont voyait les responsables du label tout le temps. Disons qu’ils font beaucoup plus attention, ils viennent au concert et d’autre truc du genre. Depuis que
je suis dans un gros label je n’ai jamais vu aucun représentant, je ne savais même pas que vous veniez ce soir, je ne sais même pas a quoi ils ressemblent, c’est vraiment différent, les petits
label nous soutenaient davantage.
Down in naked city : Du point de vue budget, le fait de signer chez EMI a-t-il eu des impacts importants ? Avez-vous désormais une liberté financière que vous
n’aviez pas auparavant ?
Eddie Argos : Non, vraiment pas. EMI à une politique étrange qui consiste à signer n’importe qui… Nous n’avons pas vraiment de liberté à ce niveau là, à vrai dire nous avons
moins d’argent maintenant. Restez indépendant, c’est ce que j’ai envie de vous dire.
Down in naked city : Votre façon d’écrire a-t-elle changée entre “Bang, Bang, Rock'n'roll” et "It's A Bit Complicated” ? Du point de vue des sujets abordés, ou de
la façon de les traiter, notamment.
Eddie Argos : Effectivement oui, un petit peu, du fait que « Bang, Bang…» comprenait les premières chansons que j’ai jamais écrite. Maintenant que je suis plus vieux je
pense différemment, ou davantage….
Down in naked city : Tu te sens plus mature qu’auparavant ?
Eddie Argos : Je ne sais pas. Je suis très intéresser par les relations humaines dans la pop-music, désormais je pense que mes chansons traite de cela ; parce que la pop
musique c’est les relations. Je cherche à parler des relations, c’est ce que j’essai de peindre dans mes chansons. Les dernières chansons traitent des ruptures amoureuses c’est ce que je trouve
vrai, c’est la réalité et je veux écrire des chansons vraies à propos des relations et écrire de la pop-music dessus. J’ai moins envie de traiter de sujet comme l’art moderne et les Italiens
terroriste.
Down in naked city : « Modern Art » traite de l’art contemporain, est-ce que vous l’avez écrite en visitant le Tate et le
Centre Pompidou, comme tu cites ces lieux dans cette chanson ? Tu parles notamment d’un bleu profond…
Eddie Argos : … Exactement, c’est vrai pour Tate. J’ai trouvé ça stupéfiant et brillant, j’en ai parlé à mes amis parce que je trouvais que c’était une bonne idée d’en faire
une chanson. Il y avait des gens autour qui lisait des informations et qui faisait « chut chut » alors que moi j’étais très excité, les étudiants qui m’entoureraient étaient
énervés. Plus tard à Paris je suis allé visiter le centre Pompidou et j’ai vraiment aimé, c’était alors totalement différent de ce que j’avais vu au Tatte : il y avait plein d’enfant autour
des oeuvres, c’était une exposition sur Van Gogh et Matisse, j’ai aimé que les jeunes recopient les tableaux sur leur papier alors que les parents autour étaient bruyant et occupés, c’était
brillant c’était ce que toutes les galeries d’art devrait être, c’est véritablement un endroit qu’il faut visiter.
Down in naked city : Quant à l’architecture du centre Pompidou ?
Eddie Argos : L’architecture du centre est brillant, mais c’est davantage les gens à l’intérieur qui m’ont marqué, ils aiment l’art moderne. Ils ne prétendent d’ailleurs pas
seulement l’aimé, il pourrait rester sans rien faire silencieusement, mais on l’honnêteté de la critique… ça m’a vraiment fait une grosse impression. J’ai écrit cette chanson en revenant à
l’hôtel.
Down in naked city :
Comment se passe le processus créatif dans Art Brut ? Tu ne fais que les paroles ? Les autres membres du groupe
font-il leurs parties que dans un second temps ?
Eddie Argos :
Oui, je ne suis que le parolier. Mais concernant l’élaboration du morceau, et plus généralement de cet album, j’ai écouté pendant les
vacances ce que les autres membre avaient composé. Oh oui ! Des fois j’ai des idées a proposé comme des « whoou ; whoou » pour les seconde voix.
Down in naked city :
Tes textes viennent donc en dernier lieu, et se pose sur une mélodie préexistante…
Eddie Argos : Pas systématiquement, la première façon est d’écrire paroles et chanson en même temps, comme sur Good Weekend. Mais il m’arrive parfois je d’avoir besoin
d’écouter pendant longtemps la partie musicale pour trouver mes paroles.
Down in naked city : Tu tournes souvent, et n’oubli pas de faire quelques dates en France, tu as déjà entendu parler de la « nouvelle scène parisienne »
(Second Sex, Naast, or Plasticines) ? Qu’en penses-tu ?
Eddie Argos : Je n’ai jamais entendu parler des Second Sex, mais nous avons joué avec les Naast à St Brieuc. Je n’ai écouté qu’une seule chanson qui était OK, donc j’ai dis
« Naast top of the pops », mais après le concert j’ai entendu des réflexions de spectateurs français qui disaient « Ne dit pas cela, le père du chanteur travaille dans le
journalisme »
Concernant les Plasticines, mon petit ami, qui joue dans The Blood Arm a fait un duo d’une chanson française connue avec eux dans l’émission « Taratata ». C’était très sympa. J’aime
bien deux ou trois chansons de ce groupe. Ils ressemblent beaucoup The Knak (Cockny), un groupe de fille dans années 90, j’aime leur chanson qui ressemble à ce groupe. Je n’ai jamais entendu les
Second Sex sont il bons ?
Down in naked city : Nous ne l’ai aimons pas beaucoup (rire d’Eddie) nous n’aimons pas vraiment la nouvelle scène parisienne
Eddie Argos : (re rire) Pourquoi ais-je étais si poli ? J’aurais pu les critiquer …
Down in naked city : Nous n’aimons pas vraiment les paroles en français, notamment lorsqu’elles sont sans intérêt, puis le français n’est pas très mélodique, il faut un
bon texte pour donner du relief à une chanson en français…
Eddie Argos : En Allemagne, ils traduisent les chansons en français, pour voir comme cela sonne … cela sonne. J’ai d’ailleurs aimé entendre les allemands parler français
…Jacques Brel était français n’est ce pas ? Ha moins qu’il soit belges… c’est en tout cas un très grand artiste
Down in naked city : En parlant de le la France, tu connais une chanson française que tu accepterais de nous chanter ?
Eddie Argos : (Il chante un Frère Jacques, Ndlr) Parlez moi de Brel, et je chanterais peut-être
Down in naked city :
Il est effectivement belge oui, c’est un grand artiste que nous ne connaissons pas beaucoup, mais passons… Qu’écoutez vous en
ce moment ?
Eddie Argos : A notre commencement il y a eu des divergences, beaucoup écoutaient ce qui touche le hard métal, notamment Ian : Land of ghost,
Sepultura, Pantera, les choses comme cela. Mikey aime Weezer entre autres, Freddy adore les choses qui se rapproche des Pixies. Moi j’écoute les Pixies aussi, tout comme
Weezer mais je me sens plus proche de Jonathan Richman par exemple, ou Jeffrey Lewis…
Down in naked city : Et tu as groupes plus récents à nous conseiller ?
Eddie Argos : The Blood Arm, bien entendu. Sinon il y a un nouveau groupe en Angleterre qui s’appel Let’s Wrestle, il ont un myspace si tu veux écouter, il sonne comme un
groupe des années 90, « Let’s Wrestle, Let’s fucking Wrestle, but your pipe crack down let’s have a fight » Il sonne comme un groupe adulte alors qu’ils ont seize ans, je les
aime beaucoup. .
Down in naked city : Un avis sur The Horrors, ou The Klaxons ?
Eddie Argos : Les Klaxons ! Ouais bien sur, Jaspers and Jamie se connaissant depuis longtemps, tout les trois nous avons grandi dans le même coin, tout comme Matt
Tong de Bloc Party ou encore Help She Can’t Swim. The Klaxons sont très connu en France, n’est ce pas ? Comme les tout ce qui touche à la new rave d’ailleurs…
Down in naked city : Tu as composé une chanson où tu cites Pete Doherty, ce qui n’est pas anodin, que penses-tu de lui, et du mouvement musical qui l’entoure ? Le
rock’n’roll est-il condamnée à un éternel retour ?
Eddie Argos : My Little Brother parle davantage de mon frère, misérable personne mon petit frère, il portait un manteau rouge comme les libertines, il était chez
moi à côté de mon lit il avait l’air bizarre et ça m’inquiétait je me sentais concerné, il détestait ça car il prenait ça pour du paternalisme, il me disait « je ne prend pas de crack
comme Pete ». A cette époque en Angleterre il y avait une sorte de monter du glam rock’n’roll basé sur l’attitude de Pete Doherty, qui consistait en un comportement purement rock, je ne
pense pas que ça soit bien, bien au contraire. Concernant Doherty lui-même, j'aime le premier album des libertines et la moitié du second, mais je n'aime pas beaucoup les Babyshambles. Je lui
reconnais cependant un talent indéniable. A vrai dire, il me rend triste.
Down in naked city : Et The Dirty pretty things ...
Eddie Argos : Ils sont sympas j'aime bien quelques chansons mais je préfère The Libertines et concernant la situation de Pete Doherty ça me rend triste de voir comment il
est devenu en sachant ce qu’il est capable de faire. Loin de me mettre en colère sa situation m'attriste sincèrement.
(Il relit la seconde partie de la question, Ndlr) J'aimerai vous dire que ce n'est pas vrai mais c'est dur, lorsqu'on fait de la musique, de se dire qu'on fait quelque chose de nouveau,
que ça n'est jamais arrivé. J'aimerai penser qu'il n'est pas condamné à un éternel retour. Même avec les groupes de la nouvelle génération de post-punk comme peut l’être Bloc Party, il se réfère
à l’ancien post-punk, on ne peut pas dire qu’il se pose en tant que rupture. Le dernier grand mouvement est celui du punk, car il s’opposé à nombre de chose, le contexte social aidant. Les
groupes récents ne créent rien de tel, il s’inspire et bâtissent une musique sur des références qui existent déjà… Mais j’aimerais croire que le rock’n’roll n’est pas condamné à un retour.
Down in naked city : Est-ce que vous pensez que vous créer quelque chose de nouveau ?
Eddie Argos : Nous essayons, je veux dire…j'aime le travail de Jonathan Richeman, les groupes comme Jeffrey Lewis ou Jonathan Richeman portent quelque chose de nouveau,
j'aime chanter des chansons a texte. Quant à nos paroles, j'en suis content et je prend un énorme plaisir à les chanter, mais je ne pense pas que nous faisons quelque chose de nouveau ; nous
ne faisons qu'aider à faire évoluer les choses, c'est très compliqué...
Down in naked city : Nous avons vu sur Internet que vous aviez joué avec The Indelicates pendant quelques concerts, tu apparais également dans le clip de leur chanson
« Sixteen » ; quelle relation entretiens-tu avec ce groupe ?
Eddie Argos : J’adore ! C'est mon groupe favori. Je suis content que vous aimiez également. J'ai chanté « New are art for people » tous les
soirs, lorsqu'il nous accompagnait en concert, c'est ma chanson préférée. Je dois même avoir une copie d’un de ces prestations, je pourrais vous la faire écouter d’ailleurs.
Down in naked city : “Julia we don't live in 60s” est une chanson magnifique...
Eddie Argos : Enorme chanson, les années 60 ont été fabuleuse.
Down in naked city : Pourquoi ne jouent-ils pas avec vous ce soir ?
Eddie Argos : Parce qu'ils n'ont pas assez d'argent et je n'en ai pas assez non plus, malgré le fait qu’on aurait adoré les avoirs avec nous car la tourné en leur compagnie
est la meilleur tourné que l'on ait faite. C'est mon groupe préféré. Ils sont vraiment géniaux, leurs paroles sont vraiment excellentes, autant j'aime bien les nôtres, autant les leurs sont
véritablement géniales. Vraiment brillantes …
Down in naked city : Le travail effectué sur les deux voix est remarquable
Eddie Argos : Je ne peux qu’être d’accord. Avez-vous écoutez la chanson « America » ? C’est la dernière, et là encore, le texte est sublime. Avec Simon nous
avons fait un karaoké question/réponse sur « House Of The Rising Sun », c’était très marrant, ça donné : «There is a house» «Where ?» «In New Orleans» «How was it
call?» «Call the Rising Sun». Par ailleurs, Art Brut et The Indelicates ont joué ensemble pour le Live8. Je connaissais Julia depuis longtemps, avant même qu’elle ne joue dans The
Indelicates.
Down in naked city : Votre dernier album désormais sorti, avez-vous d’autres projets ?
Eddie Argos : J’ai fais un truc qui s’appel « Christmas Number One » avec des membres de Black Box Recorder, sur comment nous allions passer notre première soirée
de Noel. J’ai également un autre groupe, The English Travelling Wilburys, qui est un projet parallèle que j’aime beaucoup. Comme j’écris constamment des chansons, j’aime et je m’autorise
à avoir de nombreux projets. Les autres membres du groupe ayant également, plus ou moins, d’autres projets.
Down in naked city : Qu’allez vous jouer ce soir ? « Rusted gun of Milan » j’espère !
Eddie Argos : Bien sur ! Nous jouons tous le second album, la majorité du premier, plus quelques B-sides. Nous avons acheté un projecteur sur lequel nous projetons des
messages certains seront même en français… nous croisons d’ailleurs les doits pour qu’il n’y ait pas trop de faute !
Down in naked city : Vous jouez quelques reprises ?
Eddie Argos : Généralement non, mais lorsque nous avons joué avec We Are Scientists, nous avons repris «The Great Escape», et eux «Bang, Bang, Rock’n’roll», de la
même façon, nous avons joué avec The Spinto Band et We Are Scientists, « Hotel California », sur scène, imaginez un peu le nombre de personnes sur scène…
Down in naked city : Merci.